conte / série

conte d’une fille perdue, 105′, 2013

IMGP0842time-line/partition papier, boitiers, lecteurs cd, bois, transcription sous forme d’édition assisté de Yann Lévy, 2013

œuvre sonore réalisée en partenariat avec le GRAME Centre de Création Musicale, dans le cadre d’une résidence à Moly Sabata Fondation Albert Gleizes.

conte d’une fille perdue a été réalisé pour l’exposition Manigances, carte blanche donnée à L’attrape-couleurs (Lyon) par le Pays où le ciel est toujours bleu (Orléans). Les trois commissaires-artistes de L’attrape-couleurs invitent trois artistes dont ils défendent le travail.

Cette exposition s’est bâtie sur un prétexte de jeu avec 6 artistes, mais au lieu d’un commissaire extérieur, elle fait appel à 6 commissaires qui ne sont autres que les artistes eux mêmes. Chacun est donc une figure double, artiste et commissaire dans le même temps d’une exposition, chacun est à la fois le commissaire d’un des artistes et l’artiste d’un des commissaires. Le jeu fait donc à la fois fonctionner des individus, des binômes, et un collectif, en proposant des circulations et des rebonds multiples – voir multipliables – entre les travaux.

Des personnages sont apparus comme dans un Cluedo, les artistes s’étant demandés dans la peau de quelles figures ils aimeraient se glisser : Tour Opérator, Metteur en scène, Compositeur, Faussaire, Joueur professionnel et Touriste furent les figures citées, puis elles furent redistribuées pour que chacun construise un travail à partir du choix d’un autre.

conte d’une fille perdue est le résultat de la figure dont j’ai hérité, le touriste. Cette figure comme axe de travail, m’a emmené à considérer les aspects du déplacement, de l’archivage de sources collectées au cours d’un potentiel voyage et le classement dans l’idée d’un rendu.

Le voyage en question s’est effectué à travers le portrait sonore des autres artistes participants. Les rencontres avaient pour prétexte les projets et démarches artistiques menés dans le cadre de cette exposition. Ce point de départ a finalement donné naissance à des histoires intimes, des problématiques historiques et contemporaines, des interrogations sur l’héritage familiale et dans l’enseignement reçu.

Ce contenu inattendu a conduit la construction d’un récit possible, mêlant témoignages réels et totalement fictifs, en passant par le doute quant au statut réel de certaines paroles.

Chaque personnage possède une texture sonore particulière qui permet au spectateur d’appréhender les changements d’espaces. 

Les 5 chapitres dont les titres sont respectivement empruntés à la littérature, la sociologie, la géologie, la science et la narration représentent 5 temps indéfinis, entrecoupés de silence, comme 5 actes inachevés d’une pièce de théâtre.

Conte d’une fille perdue, 105′, 2013
I- Prologue
II- Collapse
III- Slump
IV- Métamorphose
V- Ellipse

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conte d’Alma, 25’31”, 2013

Vingt et un interprètes ont contribué au projet eidesis : partition subjective / conte d’Alma. Il sont musiciens, compositeurs ou sans aucune pratique lié à la musique ou au son. La rencontre et l’envie de vivre une expérience différente ont motivé leur volonté de participer à l’interprétation de la partition.

Au départ, il y a une installation faite d’une structure et d’un rouleau de papier de 30 m de long, formant une partition graphique, dont les formes ont été soustraites. L’ensemble de la partition a été copié sur 17 feuilles de papier. Chacun avait le choix des formes qu’il souhait interpréter.

Par la suite, des entretiens sonores ont été effectués et des enregistrements réalisés dans des lieux dont l’acoustique pouvait participer à leur imagerie poétique faite de souvenirs, de sensations liés à leur territoire, son histoire et ses particularités.

Leur imagination a été sollicitée  afin de construire un espace personnel qui a contribué à la mise en place d’un espace sonore total, fait de variations et de déplacements. Aucune contrainte ne leur a été donnée, seulement la notion d’espace a été prise en compte. Les distances d’enregistrement sont définies selon les formes : plus elle est petite, plus le son est éloigné.

Il ne s’agit pas d’une pièce musicale. On peut l’assimiler à une pièce radiophonique dans le sens où elle décrit, certes de manière aléatoire, un environnement, elle est une sorte de bande sonore filmique, sans image. Un conte audiophonique.

À l’image d’un chantier archéologique comprenant des strates multiples, eidesis : partition subjective / conte d’Alma est une emprunte de la région comprenant aussi des strates de temps, d’espaces et d’origines sonores multiples. Chaque son se réfère au contexte de vie des participants par la source directe prélevée chez eux, à leur travail ou témoigne de leur histoire par la poésie que leur inspire les formes. extrait

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conte n°1, 12’54, 2010

La série des contes a été commencée en 2010 avec conte n°1 réalisée à partir de 30 réponses faites suite à un envoi mail.

De manière anonyme et aléatoire, un mail contenant un dessin de la composition “un livre des merveilles” a été envoyé à 65 personnes, accompagné de 3 questions:

– que voyez-vous?
– A quoi cela vous fait-il penser?
– A quel souvenir vous le reliez?

L’ensemble des réponses (environ 35) a été mis de bout en bout puis récité par une voix de logiciel de retranscription de texte en oralité, pour les mal ou non voyants.
Lecture
(…) Subséquemment la conscience des différents temps, de la mémoire et du souvenir sont des notions primordiales pour appréhender la démarche de Matt Coco. Entre actualité et archéologie, temps présent et souvenirs fractionnés sa progression opère une narration non linéaire, comme le propose parfois l’autre réalité parallèle qu’est le cinéma.

Dans un livre des merveilles, installation graphique de 65 dessins assemblés autour de vides, les bribes du souvenir prennent corps dans ce jeu de positif et de négatif. L’œuvre est quasi collective puisque Matt Coco envoie les 65 dessins à 65 personnes différentes accompagnées de 3 questions : que voyez vous ? / à quoi cela vous fait-il penser ? / Quel souvenir cela vous rappelle-t-il ? Les réponses faites à l’artiste, concernent pour la plupart des souvenirs d’enfance chargés d’émotif. Elles sont lues par une voie automatique, mentionnant la ponctuation, ne révélant que le caractère sensible du sens, sous un formel quasi neutre.

C’est parfois l’occasion qui fait l’œuvre, l’exposition qui la matérialise et le temps qui la complète.

En effet, en 2009 Matt coco achète un bloc de dessin parce qu’il lui plait bien, tout simplement. La même année, elle souhaite réaliser une œuvre monumentale parce que sa Résidence à Marseille lui permet d’avoir à disposition un mur de grande taille qu’elle n’a pas habituellement. Elle décide que le bloc sera utilisé pour réaliser une seule œuvre. Une œuvre composée donc de 65 dessins. Elle envoie les dessins à 65 adresses dont elle ne connaît pas les destinataires, on verra bien ce que donneront les réponses… Aux alentours de janvier 2010, 35 personnes répondent aux 3 questions. Certains souvenirs livrés datent des années 70. En Mai 2010 en préparant cette exposition, elle décide de diffuser les sentiments recueillis de façon sonore. Ainsi, nous estimons que un livre des merveilles dans sa version actuelle a eu un processus de fabrication d’environ 40 ans.

C’est souvent le temps et l’occasion qui font l’œuvre.

(…) Marlène Girardin, A un moment donné, extrait de texte pour le catalogue monographique de *suggestion de présentation, au Centre d’Art de Vénissieux.

story

The series of stories was started in 2010 with No. 1 story made from 30 replies after sending a mail.

Anonymously and randomly, an email containing a drawing of the composition a “Book of Wonders” was sent to 65 people, with 3 questions:

– What do you see?
– What does that make you think of?
– Remember Aquel you connect?

All responses (about 35) was end to end and then recited a voice transcription software orality in text, for evil or blind.

(…) Subsequently awareness of different time, memory and memory concepts are essential for understanding the approach Matt Coco. Between timeliness and archeology, this time to grow and split memories operates a non-linear narrative, as suggested by some other alternate reality of the cinema.

In a book of wonders, graphical installation of 65 drawings assembled around empty, snatches of memories take shape in this game positive and negative. The work is almost as Matt collective Coco sends 65 people to 65 different drawings accompanied by three questions: What do you see? / What it makes you think? / What memories that remind you of it? The replies to the artist concerned for most childhood memories of emotionally charged. They are read by an automatic route, mentioning punctuation, without revealing the sensitive nature of meaning in a formal quasi-neutral.

This is sometimes the opportunity does the work, the exhibition materializes and the full time.

Indeed, in 2009 Coconut Matt buys a block design because it pleases him, quite simply. The same year, she wants to make a monumental work because his residence in Marseille allows him to have available a large wall it does not usually. She decides that the block will be used to make one work. Therefore a work composed of 65 drawings. It sends drawings to 65 addresses it does not know the destination, we’ll see what will give the answers … Around January 2010, 35 people respond to three questions. Some memories of the 70s delivered date. In May 2010 in preparing this exhibition, she decides to spread feelings sound so collected. Thus, we believe that a book of wonders in its current version has been a process of manufacture of approximately 40 years.

This is often the time and opportunity to do the work.

(…) Marlene Girardin, Artaé gallery,  At one point, extract text for the monographic catalog * suggestion presentation at Art Center Vénissieux.

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One thought on “conte / série

  1. Pingback: sound project / eidesis – partition subjective | MATT COCO

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