Musiques démesurées, Clermont-Ferrant, 2015

 

fantôme est une installation prenant appui sur l’éclatement de l’image d’un paysage. Les formes constituants l’image de départ ont été dessinées de manière dissociée, mettant en péril la notion de « tout ». Ce procédé fait écho à une fable inventée par l’écrivain José Carlos Somoza dans La clé de l’abîme: « (,,,)un disciple apprit les bruits d’une forêt, puis les plantes, les animaux de la forêt, ensuite il voulut savoir ce qu’était une forêt, il réunit tout ce qu’il avait appris, et la forêt le dévora ».Partant d’une image trouvée sur internet de la centrale de Fukushima après la catastrophe, des formes tracées puis évidées, nous emmènent vers une abstraction de la réalité. Cet événement catastrophique n’est pas le sujet principal mais structure l’élaboration de cette installation. Le vide a été fait à partir de formes dessinées puis découpées. Le titre vient de cette technique qui consiste à évider une forme et ne garder que le plein. La matière restante, évidée, est appelée « fantôme ». La question du vide, autant que la question du potentiel, sont des points importants dans mon travail car ils structurent mes installations et sont des constituantes donnant de multiples réalités aux pièces réalisées.

Il existe une notion de « vide archéologique », composante liée à la croyance et à l’intensité du son. Des architectures religieuses ou païennes prenaient en compte la présence du vide afin d’accentuer le rapport au chant et à la spiritualité. On sait depuis peu que l’emplacement des peintures rupestres dans une grotte fait l’objet d’un placement stratégique par rapport aux potentiels sonores du site. On en déduit qu’un système plus complexe d’association image, son, mouvement constitue un principe important de l’art pariétal. Le son et les images semblent indissociables. Le vide est ici la composante qui construit la pièce et lui donne une orientation. Cette orientation s’est définit par la suite comme étant une écriture. Quelle qu’elle soit. Je l’appellerais « partition graphique ». Le terme de partition a été choisit car il renvoie au son et à la notation. Il n’y a plus de sens de lecture. L’image qui a servit de point de départ a été dessinée à l’horizontale mais le rouleau est présenté à la verticale. A partir de cette notion d’écriture, fantôme a été proposée comme matrice à plusieurs interprètes. Le principe de notation prend en compte la notion d’espace et doit envisager toujours l’existence d’un paysage.

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