La petite maison dans la prairie, du local au global, 2014

Commissariat Nathalie Muchamad

“Souvenirs d’une fille perdue” cire, plastiques, ficelle et bois 2013

“Le loup” vidéo muette, réalisée à Langages plus, résidence Québec 2013

Exposition du 24.05 au 8.06.2014 à St-Julien-Molin-Molette 42220
avec Matt Coco, Alexis Jacquand, Nathalie Muchamad, Georges Rey, Johan Sordelet

La Terre célèbre le retour en grâce de Star Wars ; oeuvre post-Vietnam qui regonfla
l’ego de milliers de petits garçons américains et dont la suite est actuellement en
tournage.
La Guerre des Étoiles débute petit, dans une ferme, un jardin, un potager, celui
d’Oncle Owen dans le désert de Tatooine. Au ranch Skywalker, on cultive bio et
responsable. Soie, coton, plastique, tabac.
Transformée dans des ateliers clandestins extra-terrestres, cette matière première
est dispersée dans tout l’Empire Galactique sous forme de figurines, de mugs et de
produits dérivés de toute sorte.
Ces artefacts sont aujourd’hui rassemblés à Paris dans une exposition spectaculaire,
accessible aux terriens pour la modique somme de 19 euros 90 l’entrée.
A San-José-Molin-Molette, non loin des rapides de Delivrance et des frontières du
Nouveau-Mexique, un autre genre d’exposition s’organise.
Situé dans une ancienne ville industrielle prospère, ce sommet proto-rednecks
interroge les tensions entre Global et Local, tensions contenues dans un célèbre
programme télé donnant son titre à l’exposition : Ma petite maison dans la prairie.
Partant d’un évènement géo-localisé, l’accident nucléaire de Fukushima, Matt
Coco rend compte d’une catastrophe qui loin de s’arrêter aux frontières, perfore la
matière à une échelle planétaire, anatomique et sub-atomique.
Quelque part entre la gagnante barbue de l’Eurovision et le candidat gay de
l’édition belge de l’Amour est dans le pré, il existe un système désirant alternatif
que Johan Sordelet répertorie dans des huiles fantômes et une pièce sexophonique.
Avec Puzzle, Georges Rey propose aux visiteurs de reconstituer une quinzaine de
photos découpées puis réorganisées de façon aléatoire. Ici, le public fait l’oeuvre,
guidé par un jeu de semblances et des colorations gigognes.
En fragmentant des images de corps empoignés, Alexis Jacquand reproduit des
scènes dont la violence est celle d’une expulsion, d’une expropriation. Dépossédés
de leur surface, il ne reste à ces corps que des contours hurlés.
Dans une installation papier, bois, masque et peau, Nathalie Muchamad, back from
Memphis-Tennesse interroge l’imaginaire collectif comme zone de rapports de
force. La fiction, simultanément confiscation et commémoration, est une bataille
dans laquelle chacun est pris, avec laquelle chacun compose.
Texte de Marguerin Le Louvier

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