Boustrophédon

Hongti art center / Busan / South Korea
Matt Coco / Yann Lévy
8 – 24/08/18
F/
Le boustrophédon, titre de l’exposition, désigne une écriture dont le sens de lecture change alternativement d’une ligne à l’autre. Cet ancien terme a été inspiré d’une pratique de laboure quand le bœuf marque des sillons dans un champ, allant de droite à gauche puis de gauche à droite. Quand le bœuf fait des sillons, il sculpte le paysage, crée des systèmes de lecture et nous en servons pour proposer une lecture de l’exposition au spectateur.
A l’image du bœuf, nous avons construit une exposition multidirectionnelle. Chaque pièce présentée propose un système de lecture qui lui est propre et un langage dont les règles sont à inventer. Elles sont ambivalentes car leur statut est toujours déplacé du champ auquel elles pourraient appartenir (sculpture, vidéo, peinture…).
Les formes de langage sont étirées dans des directions opposées et constamment connectées.
Disparition des images ou de ce que pourrait être une image, apparition d’un langage, mettent en danger ce que nous pensons voir. Il s’agit d’ouvrir des brèches, des points de bascule. Comme ce tableau présenté avec deux peintures différentes, la perception est troublée entre haut et bas, gauche et droite, ou cette vidéo d’un homme qui danse dans le paysage et semble communiquer par des signes mais de quelle langue s’agit-il ? Ou encore cette installation vidéo qui pourrait faire écho à l’Eungbong Bongsudae (le premier des nombreux postes de fumée annonçant l’arrivée des ennemis jusqu’à Séoul), situé exactement au-dessus du centre d’art de Hong-ti comme si, aujourd’hui, l’ennemi était devenu auto-fumée, gaz et diverses pollutions. Enfin, une grande installation murale faite de terre glaise noire, se propose d’être lue comme une partition graphique et servira de support durant toute l’exposition à un workshop avec des personnes sourdes.
Matt Coco et Yann Lévy, juin 2018
EN/
The « boustrophédon », title of the exhibition, indicates a writing of which the sense of reading, changes alternately from a line to another one. This old term was inspired by a practice of plough when the ox marks furrows in a field, going from right to left then from left to right. When the ox makes furrows, it sculptures the landscape, creates systems of reading and we serve as it to propose a reading of the exhibition to the spectator.
Just like the ox, we built a multidirectional exhibition. Every work presented proposes a system of reading by our own and a language rules of which are to be invented. They are ambivalent because their status is always moved by the field to which they could belong (sculpture, video, paint).
The forms of language are stretched in opposite directions and constantly connected.
Disappearance of the images or that could be an image, an appearance of a language, put in danger what we think of seeing. It is a question of opening breaches, points of seesaw. As this picture presented with two different paints, the perception is disturbed between high and low, left and right, or this video of a man which dances in the landscape and seems to communicate by signs but what language is it? Or still this video installation which could echo Eungbong Bongsudae (the first one of the numerous posts of smoke announcing the arrival of the enemies to Seoul), situated exactly over the center of art of Hong-ti as if, today, the enemy had become auto-smoked, gas and diverse pollutions. Finally, a big wall installation made by black clay, suggests being read as a graphic score and will be of use as support during all the exhibition to a workshop with deaf people.
Matt Coco and Yann Lévy, june 2018
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