Résidence HongTi Art Center Korea 2018

Août 2018/ August 2018
Le temps de ma résidence a été en partie consacré à la conception et à la réalisation de la pièce en terre « fantômes partition des fonds » pour l’exposition Boustrophédon en collaboration avec Yann Lévy.
Les pièces partitions se construisent souvent à partir d’un événement appartenant à l’histoire ancienne ou contemporaine du territoire. Cette mémoire structure l’œuvre et ne se fait qu’écho.
Ici, l’événement dramatique du Sewol, ferry transportant 476 personnes, qui a chaviré au large des côtes ouest de la Corée du sud en 2014, a servit de trame pour construire ma recherche. Cette pièce répondait dans l’espace d’exposition à une œuvre vidéo monumentale de Yann Lévy dont le point de départ était l’évocation des Eungbong Bongsudae poste de fumée au sommet des collines pour annoncer l’arrivée de l’ennemi à l’époque de l’invasion japonaise.
La terre déposée sur le mur après avoir été séchée et réduite en poudre puis ré-humidifiée et mélangée avec de l’encre de chine, suit un parcours de formes graphiques retraçant un ensemble de pièces évidées et détourées comme
insérées dans un tableau. L’exposition qu’elles semblent construire, en train de se faire et à peine achevée, met en péril le temps donné au regard puisque
la terre se craquelant, tombe au fur et à mesure de l’exposition.
La terre en disparaissant devient un souvenir.
En tombant elle emporte avec elle la peinture blanche du mur, faisant apparaître sa matière originelle.
La suite de ma résidence a été consacrée à des expérimentations de cette matière et de traduction de travaux dessinés, en volume.
La question de l’interprétation toujours au cœur de mon travail impliquant le passage d’un langage à l’autre. J’ai utilisé des dessins de toutes sortes, des empreintes, des traces…et les ai travaillé avec un logiciel de traitement 3D.
Ce travail est toujours en cours et donnera lieu à des volumes en plâtres.
The time of my residency was partly devoted to the design and production of fantôme score of the fonds with korean clay, for the exhibition Boustrophédon in collaboration with Yann Lévy.
The score pieces are often built from an event belonging to the ancient or contemporary history of the territory. This memory structures the work and is only echo.
Here, the dramatic Sewol event, a ferry carrying 476 people, which capsized off the west coast of South Korea in 2014, served as a framework for my research. This piece responded in the exhibition space to a monumental video work by Yann Lévy whose point of departure was the evocation of the Eungbong Bongsudae smoke station at the top of the hills to announce the arrival of the enemy at the time of the Japanese invasion.
The clay deposited on the wall after being dried and reduced to powder then re-watted and mixed with Indian ink, follows a path of graphic forms retracing a set of hollow and cut pieces as inserted in a picture. The exhibition they seem to be constituting, in the process of being made and hardly completed, endangers the time given to the look the clay cracking, falls as the exposure.
The clay disappearing becomes a memory. While falling she carries with her the white painting of the wall, making to appear its original matter.
The rest of my residency was devoted to experiments of this material and translation of drawings, by volume.
The question of interpretation always at the heart of my work involving the passage from one language to another. I used drawings of all kinds, footprints, traces … and worked with 3D processing software.
This work is still in progress and will give rise to volumes in plasters.